
L’été touche à sa fin et avec lui, cette période de l’année où les propositions culturelles, artistiques, événementielles battent leur plein, tout particulièrement en Bretagne. Nina Guéguen, notre jeune autrice grégamiste, revient pour proposer aux lecteurs et lectrices de Pikoù Panez, ses pensées et ses émotions sur l’alchimie qui se joue entre les humains lors de ces moments, intenses, créatifs et libérés.
« L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme ». Cette célèbre citation d’André Malraux m’a révélé, il y a quelques années, la fonction essentielle de l’art : celle de rassembler, de créer des liens et des émotions authentiques et partagées entre les êtres humains.
L’art sous toutes ses formes rassemble. Il rassemble les spectateurs, les admirateurs, les pessimistes autours d’une idée, d’une conception, d’une vision. J’ai pu à chaque occasion artistique observer cette action de lien entre les humains. L’art nous remplit d’émotions, d’idées et de convictions et par là-même, il a le pouvoir de rassembler les gens.
Le pouvoir des arts vivants

Devant une pièce de théâtre, un spectacle, un concert, les êtres humains forment un tout : le public. Une masse prête à écouter les artistes, ces créateurs et transmetteurs d’émotions. Dans nos différences, nous faisons partie d’un même public, d’un même tout.
Dans l’obscurité et avant le lever de rideau, j’aime contempler les visages des autres spectateurs. Me demander pourquoi sont-ils venus jusqu’ici ? Qu’est-ce qui les a motivés à entrer dans cette salle, à la même heure que moi ?
Alors j’observe les différents profils qui se fondent dans la masse : les couples, les familles, les retraités, les habitués, les inexpérimentés et les gens seuls. Tant de profils hétéroclites, qui forment pourtant le tout que nous allons incarner pendant plus d’une heure ensemble : ce fameux public.
Lorsque le spectacle se termine, que les lumières se rallument, les spectateurs se révèlent individuellement aux artistes, qui peuvent enfin découvrir qui sont les personnes ayant passé ce moment particulier à admirer et à écouter attentivement leur création. C’est probablement mon moment préféré. Lire la fierté et la joie sur le visages des artistes, ressentir leur fatigue et les remercier pour cette bulle temporelle chargée d’humanité, qu’ils nous ont proposée.

Après avoir assisté à une création, la foule décide collectivement, sans se concerter, de remercier les performeurs. Comme un automatisme, des remerciements qui touchent plus que des mots : des regards admiratifs, des salves d’applaudissements, des sifflements. Sans communiquer, sans même se regarder, les dizaines de visages aux pensées et aux idées différentes composant le public se lèvent et applaudissent, comme un tout.
À la conquête de l’art
Pourtant l’art, bien que nécessaire à chacun, reste une chance. En effet, l’accès à l’art est un privilège, face auquel nous ne sommes pas tous égaux. Alors, je pense à nouveau, à une autre réflexion d’André Malraux : « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert ». C’est un univers certes à conquérir par chacun, mais qu’il faut aussi implanter collectivement, à l’échelle nationale, mais aussi et surtout locale.
Sans art il n’y a pas de culture et sans culture il n’y a pas de liens, il n’y a pas de communs et on ne fait alors plus société.
Nina Gueguen
Ne ratez pas le Festival des 3 p’tits ours

Si vous aussi, comme Nina, vous aimez ces moments où l’on se rassemble pour quelques heures autour d’artistes de tous les horizons, alors rendez-vous au Festival des 3 p’tits ours les 28 et 29 août à Locqueltas près de Grand-Champ : concerts, théâtre, débats thématiques, performances… Une occasion avant la fin de l’été de créer du lien et de laisser parler vos émotions avec ce festival pluridisciplinaire engagé !
Pour plus d’infos : https://les3ptitsours.fr


