Romain, charpentier « happyculteur »

Romain, charpentier de formation et aujourd’hui conducteur de travaux dans l’entreprise grégamiste Environnement Bois Construction, s’est lancé dans l’apiculture depuis 2020, juste après la période de confinement liée au Covid. 

Le Tour de France du Compagnon du Devoir

La première vocation de Romain c’est le métier de charpentier. Après le collège il s’oriente vers un CAP dans ce domaine en Mayenne chez les Compagnons du Devoir. Puis ce sera son Tour de France qui, durant cinq années, le mène d’Angers à Strasbourg en passant par Mâcon, Bordeaux, Marseille et Troyes mais aussi à Budapest en Hongrie ! S’ensuivent trois années « de devoir », où chaque Compagnon redonne du temps aux plus jeunes pour les former à leur tour. Romain devient encadrant successivement à Pont-L’Evêque, Vannes et Angers. C’est durant cette période qu’il rencontre le grégamiste Colin Vernet, responsable de l’entreprise EBC qu’il intègre en 2010.

La naissance de sa passion pour les abeilles

Tout commence par une première ruche que lui offre sa compagne. « C’est ensuite mon grand-oncle de Loire-Atlantique, d’où je suis originaire, qui m’a cédé ma première colonie d’abeilles sous réserve de suivre une formation spécifique,  pour éviter de faire les mêmes bêtises qu’il avait lui-même faites pendant trente ans » se souvient Romain. Il lit alors des ouvrages sur les abeilles et écoute son tonton en suivant deux années de suite des formations théoriques et pratiques dans une ruche-école d’Auray puis au sein de l’association API 56 basée à Kervignac, près de Lorient, dont il est aujourd’hui membre du conseil d’administration. A ce jour Romain dispose de trente ruches sur trois sites proches de son domicile. Chaque ruche peut contenir, au plus fort de la saison, jusqu’à 60 000 abeilles ! Notre « happyculteur » consacre beaucoup d’énergie et de temps pour sa passion : « j’ai été piqué d’apiculture ! C’est un univers qui me fascine et que j’adore découvrir encore aujourd’hui » s’enthousiasme-t-il.

Objectif miel ? pas seulement 

Pour Romain l’apiculture correspond à une démarche vertueuse pour notre environnement auquel il est très attaché. En contribuant fortement à la pollinisation des plantes à fleurs, indispensable à la reproduction végétale, les abeilles sont un maillon essentiel de la biodiversité.

Romain déplace donc régulièrement ses ruches à proximité de champs de colza et de sarrasin pour les polliniser. Notamment ceux qui sont cultivés par les agriculteurs bio de Epi Breizh dont on retrouve la farine et les pâtes au marché de Grand-Champ. Pourquoi des champs bio ? « cela limite l’exposition des ruches aux intrants chimiques. Malheureusement c’est compliqué de trouver des zones exclusivement en agriculture biologique » répond Romain.

Au rythme des saisons d’une année apicole

« Après le repos hivernal, le réveil des colonies intervient dès la mi-février avec le pollen de noisetier. D’avril à mi-mai, les colonies se développent énormément. Il faut faire attention à ce qu’elles n’essaiment pas, c’est-à-dire que la reine s’en aille avec la moitié de la colonie. La période de miellée, où les abeilles récoltent le nectar pour produire du miel, s’étend jusqu’à mi-juillet. Il faut prévoir en moyenne un passage par semaine par ruche où chaque abeille à une fonction spécifique, des ouvrières à la reine en passant par les faux-bourdons » explique Romain avec beaucoup de précisions. Pour chaque type de miel produit, Romain réalise tout un travail d’extraction à partir des cadres de ruche dans un local de sa maison, la miellerie, où il dispose de tous les outils nécessaires : couteau et bac à désoperculer, extracteur électrique à force centrifuge, tamis et cuve de décantation. Reste à réaliser le conditionnement et l’étiquetage des pots en verre selon ses différents miels de printemps, de fleurs crémeux ou non, de sarrasin et de tournesol. Romain prépare ses miels comme il les aime !

Au marché du samedi de Grand-Champ depuis 2023

Romain a d’abord été client du marché de Grand-Champ depuis son installation dans la commune en 2010. Prosper Jego, apiculteur de Colpo, y a vendu son miel jusqu’en 2020. Trois ans plus tard, Romain décide d’y installer son étal : « cela avait du sens pour moi d’être présent à Grand-Champ » nous dit-il. Romain s’est senti bien accueilli par les autres exposants. Il apprécie particulièrement le partage et les échanges avec les habitués. Il espère que la création du nouveau marché du mercredi matin rue de la Poste, derrière la mairie, va donner l’envie aux Grégamistes de davantage fréquenter les marchés de Grand-Champ y compris celui du samedi matin. Sur l’étal de Romain vous trouverez également la bière réalisée avec son miel de la microbrasserie locale Horla.

Retour à l’enfance

« L’apiculture me ramène à beaucoup de choses de mon enfance. J’ai toujours été attiré par la nature et le vivant » conclut simplement Romain. Ses parents lui ont transmis l’amour de la campagne avec ses forêts, ses animaux et ses cultures potagères. A l’image des Compagnons dont il fait toujours partie, Romain tente de partager à son tour son amour de la nature à ses deux enfants et aux personnes qu’il rencontre. N’hésitez pas à l’aborder derrière son étal du marché, il est intarissable. Une dernière chose que j’ai failli oublier : son miel de Néherlann est excellent !

Contact et infos :

Romain est présent sur le marché de Grand-Champ, sauf exception, le premier et le troisième samedi de chaque mois.

Vous pouvez également acheter son miel à La BoutiK de Grand-Champ, 3 rue du Général de Gaulle.

Texte : Jean-Alain Patry
Photos : Guy Coste

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Jean-Alain Patry
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